Elio di Rupo est auditionné en ce moment même par la Commission chargée de désigner la ville qui sera Capitale européenne de la culture en 2015. On ne va pas revenir sur l’historique de cette désignation, car c’est bien d’une désignation et non pas d’une élection qu’il s’agit. Toute velléité de concurrence a été soigneusement tuée dans l’oeuf.
Sur son blog, Elio di Rupo dit se sentir un peu « comme un étudiant », plein d’appréhension à l’idée de présenter son dossier qu’il juge « de grande qualité », ce dont je ne doute pas un seul instant. La culture à Mons, et le Manège en particulier, ont la chance d’être copieusement arrosés de subsides dans un secteur où le manque de moyens est si criant pour l’essentiel des acteurs.
Tout est si bien cadenassé qu’il est un peu facile de faire état d’un stress, fantoche en tout état de cause puisque l’issue de cette audition ne fait pas l’ombre d’un doute. Lorsque M. di Rupo affirme que « tout plaide pour Mons » et que « tout se joue maintenant », j’ai bien envie de lui rétorquer que, bien davantage, « tout l’exige » et « rien n’est plus à jouer ».
Alors, trêve de fausse modestie. Que Mons 2015 se déroule pour le mieux, c’est tout ce que je peux souhaiter, mais de grâce, évitons un triomphalisme de mauvais aloi. « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».
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Update 18h: c’est officiel, Le Soir (via AFP) confirme que le choix politique de Mons 2015 a bien été entériné par la Commission. Pour info.


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Cher Monsieur,
j’ai lu avec attention votre message. Je tenais à vous remercier car vous reconnaissez que Mons est ce pôle d’attraction universel de la culture. Je me souviens, à ce propos, d’une anecdote : lors de la dernière réunion des socialistes européens, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre mes camarades slovaques et lettons vanter la beauté du Doudou et de déplorer qu’aucun autre pays n’ait de festivités de même qualité et de même ampleur.
Car je le dis : de toutes parts de l’Europe, c’est avec un entrain sans pareille que des millions de citoyens européens attendent, espèrent la désignation de Mons comme capitale de l’Europe. Tous, au même diapason, brûlent cierge et prient pour que l’on oublie ces autres bleds honteusement sélectionnés avant la cité boraine (Lille, Istanbul, etc.). Mons – cette nouvelle capitale des Gaules culturelles – est le phare des arts en tous genres. N’ai-je entendu certaines stars hollywoodiennes plaider pour que les Oscars soient attribués dorénavant à Mons ?
L’Europe répare ici une injustice criante : tant de villes bien pâles ont obtenu divers avantages. Aujourd’hui, Mons renaît, revit et sera à l’avant-scène de l’Europe. Déjà la rumeur court selon laquelle Obama serait prêt à rendre son prix Nobel et à laisser le pouvoir à Palin si Mons n’était pas capitale mondiale de la culture. Avec de tels appuis, nul doute que le siège de l’UNESCO sera bientôt transféré en région hennuyère !
Alors je vous le dis avec la candeur d’un étudiant, avec fougue et passion : vive Mons 2015, vive la culture, vive Moi !
Votre dévoué,
E. D.R.
Note : ceci est bien évidemment une fiction. Qui irait à Mons en dehors des Borains ?
Très cher E.D.R, bienvenue et merci pour votre généreuse contribution à ce modeste blog. On se dilate la rate!
Que le succès de Mons retentisse par-delà toutes les frontières du monde connu et irradie de sa splendeur les Empires rabougris!
Au-delà de la plaisanterie, reste le fait que Mons est en effet un pôle culturel, artificiellement institué et placé sous perfusion par la Communauté française. On ne répétera jamais assez les limites d’une approche sous-régionaliste, qui alloue les moyens en fonction d’une grille de lecture pré-établie plutôt qu’en fonction des besoins et de la réalité du terrain. Cette approche, qui combine maladroitement des éléments de réalité, des valeurs particulières et des intérêts stratégiques bien palpables, produit un dangereux produit politique que l’on nomme « idéologie ».
Alors là, j’ai mal aux côtes de rire !!!! EDR est très fort! C’est toi????
Je n’ai pas la prétention d’enfiler le noeud pap’ du Sérenissime de la république soviétique de Mons, encore moins d’en être le leader maximo. En revanche, j’ai bien rigolé aussi!