La journée mondiale des femmes, c’est fini. C’était hier.
Impossible de passer à côté. Cette année, les journaux avaient fait le plein du beau sexe. Les hommages se sont multipliés, de vieilles controverses ont été relancées. « Enfin, l’émancipation! » versus la fracture du féminisme. Sans compter les inégalités persistantes, dénoncées. À la télévision, les émissions spéciales ont abondé.
Voilà, maintenant, c’est fini.
Femmes, je vous le dis solennellement: votre journée de gloire annuelle est révolue. Et les 364 journées traditionnelles recommencent de plus belle. Le voile de pudeur aura été jeté sur les inégalités. Les problèmes auront été pointés du doigt, dans une grande catharsis collective, avant d’être remisés sous le boisseau. Rendons-nous à l’évidence: après toute cette agitation médiatique, la journée mondiale de la femme n’a déjà plus les faveurs des « Unes », ce matin. Ainsi tourne la roue… L’ONU, qui organise cette journée internationale, est tellement pressée d’en finir qu’elle n’a même pas annoncé l’événement sur le site officiel (fr).
Voilà pourquoi je suggère un renversement de paradigme et l’organisation d’une journée mondiale des hommes. Loin des poncifs de la discrimination positive, qui conduit à remiser les femmes aux côtés des gauchers, de l’autisme, des droits d’auteurs, des enfants disparus, j’en passe et des meilleurs, organiser une journée mondiale des hommes reviendrait à remettre, de facto, les clés de la maison à toutes celles qui en ont été trop longtemps privées, pendant le reste de l’année.
Plus de la moitié de l’humanité mérite mieux que ça.


Tweeting symphony 


Notons la -terrible- disparition de la journée mondiale du rein, qui se tenait il y a précisément un an.
Pour le reste, brillante suggestion, mais, pour avoir pris part à la Marche Mondiale des femmes (par curiosité scientifique, il en en fait), chaque seconde consacrée à un constat ponctuel, chaque entrefilet vomissant des chiffres approximatifs déjà remisés dans l’oubli le lendemain apparaît comme une victoire, un acquis intouchable auprès des hordes déchaînées.
Je pense que l’intention est louable mais…peu réaliste au vu des stéréotypes qui persistent chez nous les mâles dominants. Je suis actuellement à Kinshasa et j’ai assisté hier au défilé de la Journée Mondiale de la Femme. En RD Congo, les femmes accordent plus qu’ailleurs dans le monde une importance particulière. Cela s’explique par le passé du pays et surtout en raison des conséquences qu’ont subi les femmes, à savoir une nouvelle fois victimes de la barbarie masculine. C’est donc une journée de fête et de revendications ; les femmes sont toutes en pagne, y compris les petites filles qui ont l’autorisation de l’école pour aller manifester avec les mamans !
Mais les réactions des hommes sont toutes empreintes d’ironies… de bons sentiments qui n’en sont pas vraiment. Oui, le GENRE a encore une place à se frayer, a fortiori en Afrique où les structures familiales sont encore fortement frappées par la tradition !
@Max et vivian
Rassurez-vous, je vous rejoins! Il est extrêmement important de dénoncer des inégalités persistantes et de ne jamais baisser la garde face à la résurgence du machisme ordinaire.
Ce billet, largement ironique, vise plutôt à mettre en exergue le double discours dont vous parlez, Vivian, cette hypocrisie qui fait que chacun, responsables politiques au portillon, y va de son petit laïus moralisateur sur les femmes et leurs droits… Mais que très peu sont prêts à proposer des solutions concrètes.
Par exemple, il existe encore de très nombreuses discriminations à l’embauche concernant les femmes, même en Belgique, même au XXIème siècle… Remédions-y!