
Vous avez remarqué l’opération de retour en grâce de Michel Daerden? Ce week-end, campagne médiatique aux petits oignons, confessions médiatiques par-ci, Livre vert sur les Pensions par là. Un président qui couvre son ministre sur les plateaux télé et proclame à qui veut l’entendre qu’en tout état de cause il n’y aura pas de démission, qu’il faut attendre la fin de la procédure en justice, de l’éventuel appel, etc.
Tiens, et le comité de déontologie du PS?
Hé bien, il a déjà statué sur le cas Daerden, et c’est un scoop Périscope. Ce sont des gens sérieux, le comité de déontologie. Ils ont examiné le dossier avec attention. Ils ont passé les chiffres à la loupe: « ha, ouais, 60.0001, quand même »… « Houlàlà, c’est du 4 à 5 %, du gros calibre2 », « Rhôô, dis, un fameux numéro 6… »3, etc.
Il a vite compris, le comité de déontologie électorale, qu’on ne foulait pas du pied une pointure populiste comme Michel Daerden. Il a bien saisi qu’il allait remiser ses conclusions au placard, pour une durée indéterminée. Après l’offensive « On lave plus blanc que blanc » concernant Michel Daerden, on voit que le PS opère une courbe rentrante et on se dit que le comité de déontologie sera forcément fantoche. On finira bien par « laisser la justice faire son travail »…
Évidemment, on jugera sur pièce. En attendant, plus que jamais, l’opération de communication du week-end fait planer des doutes sur la sincérité et l’étendue des prérogatives du comité de déontologie.
- voix aux prochaines élections -
projection [↩]
- en moins pour le PS sans un poids lourd électoral comme Daerden – projection [↩]
- en position au baromètre politique des personnalités préférés en Wallonie [↩]
Michel Daerden est populaire pour ses incartades à l’étiquette politique.
Récemment, il faisait parler de lui pour une allocution remarquée, dans un néerlandais flou et hilare, dans les Ors du Sénat de Belgique.
Le lendemain, hasard des hasards, les activités de révisorat faisaient parler d’elles sur un plan judiciaire, et l’information était presque totalement éclipsée par sa « prestation » de la veille. Difficile de ne pas croire en une théorie de l’écran de fumée, Daerden cherchant, en fin stratège sans doute, à attirer l’attention sur sa personne pour mieux la distraire de ses activités contestées. Une séduisante théorie de l’écran de fumée, en somme.
On est sans doute pas au bout de nos surprises sur ce dossier.
Soutenu par son président de parti, Élio di Rupo, Daerden père et fils reviennent à la une avec deux informations. D’une part, le caractère douteux de ces activités avait été porté à la connaissance des intéressés par des académiciens, dès 2007. D’autre part, le ministre des affaires intérieures et coreligionnaire des personnes précitées au sein du PS, Paul Furlan, surfe sur la problématique en annonçant, de manière très étonnante, des « surprises » lors de son audition au Parlement, prévue demain. Il annonce un examen du dossier « sans concession ».
Bref, la personnalité exubérante de Michel Daerden et ses succès médiatiques à répétition expliquent peut-être l’étrange déroulement de cette affaire. Les journaux, si prompts à dénoncer l’affairisme, préfèrent donner dans le panneau d’un écran de fumée à peine voilé. Si le président de parti agit de manière prévisible, en soutenant Michel Daerden, son comportement est aussitôt dénoncé et, d’un autre côté, le ministre wallon des affaires intérieures fait une sortie pour le moins intriguante.
Décidément, les rebondissements s’annoncent nombreux. Espérons qu’ils conduisent à sceller une fois pour toutes le destin politique tortueux d’un ministre dont les pitreries n’ont jamais pu dissimuler les fumeuses activités…


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