En ocotbre dernier, je suis passé d’un PC à Apple (un MacBook standard). Depuis lors, je ne suis plus neutre sur ce terrain; j’ai été converti comme tant d’autres.
Un copain féru de technologies m’annonçait, il y a un an, que les technologies de pointes utilisées pour les PCs et la multiplication des processeurs (Core2duo, etc.), étaient en fait de la poudre aux yeux qui dissimulait l’impasse à laquelle étaient confrontés les constructeurs de PCs, confrontés à la surchauffe des machines et à l’encombrement (physique et sonore) des ventilateurs.
Depuis lors, c’est pourtant cette voie qu’ont suivi les deux principaux fabricants de microprocesseurs, Intel et AMD, se livrant à une surenchère technique, l’un annonçant la sortie d’un processeur à « huit coeurs » pour le grand public (et ayant déjà mis au point de superpuissants processeurs à 80 coeurs). Quant à AMD, la firme entend zapper l’étape « 8″ pour passer directement à 16 coeurs. Sur cette course, voir cet article du Soir.
Ma conviction est que les producteurs de PCs font fausse route. L’on se rappelle de deux constructeurs de consoles de jeux, Microsoft et Playstation (Sony) qui se sont livrés la guerre sans merci du « tout à la technologie » et du « encore plus, toujours plus » technologique. Le résultat fut de permettre à Nintendo, doté d’une R&D nettement moins féroce, d’émerger en tant que (à) nouveau leader du marché, par des interfaces plus ludiques, des jeux collectifs et participatifs, visant un public familial, le tout pour un prix nettement inférieur (pas de débauche de technologies superflues).

Cette course aux « coeurs » menée par Intel et AMD pourrait conduire au même résultat ; c’est d’ailleurs ce qui est en train de se produire avec le décollage du MacBook dans les ventes. Ici, à l’Arizona State University, les deux fournisseurs agrées, Dell (PCs) et Apple se partagent en 2008 le marché à 75 % – 25 %. Apple a environ quadruplé son score en quelques années.
C’est normal : sans proposer 36 configurations farfelues, Apple propose un produit fini, cohérent sur un plan technique (pas d’incompatibilités matérielles), réfléchi en fonction de l’utilisateur, d’une simplicité redoutable – et pour tout dire enfantine -, d’une suite logicielle rudement efficace (email, calendrier et carnet d’adresse reliés les uns aux autres – sans compter les logiciels et photo et de musique tout simplement géniaux). Bref, Apple rencontre les besoins primaires de l’utilisateur lambda sans faire d’esbrouffe technologique. Sur le papier, la configuration est moins impressionnante : dans les faits, cela fonctionne mieux.

L’on me rétorquera qu’Apple est un luxe de riches. Je répondrai oui, peut-être et non : oui, car en valeur absolue, il est possible de trouver un PC d’entrée de game au Carrefour du coin. Peut-être, car il est trop tôt pour évaluer les performances de mon MacBook dans la durée (ne l’ayant que depuis 7 mois). Non, car tout l’ensemble matériel intégré (baffles, micro, webcam, fonctionnent très nettement mieux que sur n’importe quel PC que j’aie jamais eu – y compris des coûteux) et l’imposante suite logicielle qui l’accompagne (voir ci-dessus) sont en réalité inclus dans ce prix, ce qui l’atténue sur une base relative (en comparaison avec les PCs).
Bref, dans la course à l’hyperpuissance technologique, à vouloir multiplier les coeurs comme d’autres multiplient les petits pains, l’on risque de s’égarer… et de se retrouver coincé dans un marché qui ne correspond plus aux attentes des utilisateurs – en termes de fonctionnalité, de rapidité et de simplicité. À quand le triple pontage?


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