mar 052009

Jeudi 5 mars – On the road again!

La mythique Highway 66

La Highway 66 est une route, comme son nom l’indique. Une route, c’est-à-dire un coulis de béton orné de voitures. Tout pour me plaire, a priori. Le croirez-vous? Parcourir la Route 66 fut une excellente expérience que je ne suis pas près d’oublier.

Il faut dire que ce n’est pas n’importe quelle route, la Historic Route 66. John Steinbeck, un gars du coin (à qui on ne la fait pas) l’a baptisée la Mother Road dans Les Raisins de la Colère. La Route 66 traverse les États-Unis de part en part et, à vrai dire, fut la première à accomplir cette performance, d’où son statut quelque peu mythique, dans un pays où la voiture est omniprésente et signifie beaucoup aux yeux des habitants (des articles scientifiques ont été écrits sur les rapports particuliers et ambigus des Américains à l’automobile, considérée comme un vecteur de liberté individuelle).

Le tronçon que nous avons parcouru s’étend de Kingman (première ville en revenant de Las Vegas) à Flagstaff, localité – station de ski située au nord de Phoenix (voir carte). Il présente cet avantage d’avoir été supplanté en termes de rapidité et d’efficacité par une autoroute – bien moderne, celle-là, ce qui élague très considérablement le trafic (très dense partout ailleurs). Voilà qui est bien plus confortable pour rouler pépère et admirer les somptueux paysages. Car somptueux, ils le sont. Arpenter les paysages mythiques de l’Ouest américain, les grandes plaines sillonnée d’une voie de chemin de fer historique, les étendues d’herbe jaunie et de petits buissons, parfois les forêts, toujours les horizons splendides… Ce fut magnifique de bout en bout. Qui a dit : «le bonheur, c’est le chemin»?

Mais la police veillait !

(à tonner d’une voix forte, sur l’air de «Mais la justice veillait !», de la chanson «Les Dalton» de Joe Dassin)

17 h 08
Nous avons passé la nuit dans un motel de bord de grand-route typique lui aussi du road trip américain, à Williams (proche de Flagstaff, déjà assez élevée en altitude et située au coeur d’une forêt de conifères). De retour d’avoir été souper à Flagstaff, nous avons eu droit au scénario, tout aussi typique, de l’arrestation par l’agent de police américain. Rien ne nous a été épargné du cliché que vous pouvez voir et revoir dans vos films préférés : la conduite tranquille au plus profond de la nuit noire ; un air faussement léger fredonné par la radio pour tromper les ténèbres ; un oubli total de soi sur ce trajet entre nulle part et nulle part. Et soudain, les lumières aveuglantes, hurlant le vacarme des décibels silencieux en leur nom et place. Pas de sirène, mais des gyrophares éblouissants et intimidants. Intimidé, donc, vous vous glissez subrepticement en bord de route en déroulant, l’espace d’un éclair, le fil de votre trajet, avec en tête l’obsédante question : «Que me reproche-t-on?».

La portière claque, un homme descend. D’âge moyen, l’uniforme beige réglementaire. Il ne lui manque que les lunettes de soleil qu’à coup sûr il aurait porté pendant la journée. Pendant quelques secondes qui semblent durer des heures, il s’achemine lentement vers le véhicule, pesant de tout le poids de l’autorité dont il est investi. La fenêtre du conducteur est ouverte ; par prudence, il opte pour celle du passager.

Un de nos phares était en rade. Voilà tout. Le brave policier s’est contenté d’un rapide constat et d’un ordre de réparation, accompagnés de sourires sympathiques et d’oeillades appuyées à Catherine (l’obscurité nous aurait-elle induit en erreur?). Échanges cordiaux, sourires, pas de tracas. Et en prime, le plaisir d’un souvenir marquant de plus – inoubliable, lui aussi. Pour l’anecdote, après en avoir ri avec Walter, le généreux prêteur de voiture, nous avons rebaptisé cette dernière The Cyclop.

23_5 mars_La mythique Highway 66, contrôle flic