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Irène Kaufer écrit un excellent article sur l’importance de problématiser le vocabulaire de la crise économique, autrement dit de refuser le diktat des termes communément employés – et qui pourtant sont lourds d’implications, de significations, de partis-pris.
Dans une chronique de Libération, Pierre Marcelle écrit : « De « la crise » et tout ce qu’elle recouvre, on devrait cesser de gloser avec les mots de l’adversaire (marchés, taux d’intérêts, croissance, déficits publics, inflation, déflation, etc.) qui, la désincarnant, la réduisent à une inéluctable abstraction ; à une expertise » (1).
D’abord, la « compétitivité » (…).
Autre exemple, le « non marchand » (…).
Une intervention salutaire que je complémente de la réflexion suivante:
Excellent, excellent! Très stimulant.
C’est vrai qu’on porte rarement assez d’importance à la signification des mots et à leur portée. Je pense au terme de « gouvernance », aussi, qu’on rabâche à tue-tête dans tous les domaines de recherche, de l’économie à la science politique… Personne n’a la moindre idée d’où ce terme provient, de ce qu’il veut dire (controverses infinies) et surtout de son profond ancrage idéologique. Beaucoup d’oripeaux dont il faut se débarrasser avant de faire usage du terme…
Autre exemple: le Ravel. Le réseau des voies lentes. Dans une société du tout-à-la-vitesse, on ne saurait mieux qualifier ces rares spaces alloués à la mobilité « inutile », lente car elle n’est pas rapide… Piétons, cyclistes, autant dire le réseau de « voies boulet », des voies de cul-de-sac productiviste!
La crise grecque et, par extension, de la zone euro, replace de grandes questions de politique économique au coeur du débat. Ce faisant, elle a permis la (ré)-apparition de clivages qui ont le mérite de clarifier les positions politiques. Ainsi, dans le cas de la crise qui nous préoccupe, on entend deux types de réponses, très clairement marquées sur l’axe « droite-gauche » de la politique économique.
À droite, on prône l’orthodoxie et la rigueur budgétaire. L’Etat doit maintenir l’équilibre à tout prix, et la solution est à chercher du côté des dépenses publiques, qu’il faut réduire. À gauche, on refuse cette solution. L’austérité budgétaire ne ferait que renforcer la crise et il faut au contraire maintenir, si pas augmenter les dépenses publiques (en investissement) pour relancer l’économie. L’Etat a donc besoin de moyens supplémentaires s’il veut combler ses déficits (dus à la crise économique); il doit les chercher du côté du capital, qui accapare une part trop importante des richesses produites, par rapport au travail.
Car c’est un fait: depuis quelques décennies, une part croissante de la richesse produite totale retourne au capital plutôt qu’au travail. Sur cette base, il peut donc être recevable de vouloir redistribuer autrement les fruits de la croissance et de la productivité.
Mais comment s’y prendre, concrètement? Car « taxer le capital », c’est avant tout une formule qui ne dit rien de la manière dont on entend procéder. Il y a pléthore de possibilités: taxer les revenus de l’épargne, la plus-value d’actifs boursiers, les transactions (spéculatives ou non), les institutions financières, et j’imagine qu’il doit en exister bien bien d’autres encore.
Bref, ces options sont autant de choix politiques, fort différents cela va sans dire1. Alors, taxer le capital, oui, mais lequel?
- À noter qu’il existe sans doute autant, si pas plus, de manières différentes de réduire les dépenses publiques [↩]
La situation actuelle et ses deux options politiques
Ce n’est un secret pour personne: la Grèce connaît actuellement des difficultés économiques, qui pourraient bien être en voie de s’apaiser. Que se passe-t-il vraiment? En gros, le déficit du pays pour l’an dernier a été très important, et les marchés doutent aujourd’hui que l’Etat grec pourra rembourser sa dette. La conséquence est double: la Grèce doit emprunter de l’argent à un taux très élevé (ce qui augmente donc encore sa dette, cercle vicieux) et l’emprunt grec est dévalorisé sur les marchés. Le risque de faillite de la Grèce est donc réel. Petite tentative de décodage, très simple.
Dans les médias, on entend deux discours très différents. L’un prône la responsabilité de l’Etat grec qui doit assumer seul ses erreurs; la zone euro, dont la Grèce fait partie, n’a pas à intervenir et, quant aux marchés, la situation se calmera dès le retour à des finances saines. L’autre discours dit au contraire qu’il est inacceptable que les marchés dictent le « cours boursier » d’un Etat, quitte à le mettre en faillite; que, dès lors, la Banque centrale européenne doit intervenir, et qu’une solidarité doit se manifester au sein de la zone Euro.
Qui a raison, qui a tort? La faute à la Grèce, ou la faute aux marchés?
Retour sur les origines du problème
Réponse: aucun des deux, mon capitaine. La chronologie des événements laisse apparaître une situation très compliquée. Tout d’abord, c’est la crise économique. Beaucoup de banques et d’entreprises se retrouvent coincés dans une tourmente des marchés, et les plans de relance initiés par les gouvernements se multiplient. Ils coûtent très cher, donc accroissent logiquement les déficits publics un peu partout.
En Grèce, la situation était pourrie. Depuis plusieurs années, les chiffres du déficit public étaient trafficotés pour correspondre aux critères du Traité de Maastricht, qui prévoit la zone Euro. En 2009, le gouvernement grec a dissimulé un déficit qui allait s’avérer monter à près de 13 % du PIB, ce qui est immense! Depuis lors, ce qui ne simplifie rien, un gouvernement de gauche a pris le pouvoir: ses membres ne sont donc pas responsables des erreurs commises par leurs prédécesseurs.
Lorsque la supercherie a été dévoilée, les Etats membres de la zone Euro et la Banque centrale européenne l’ont mal pris. Quand on entre dans la zone Euro, on a des droits mais aussi des devoirs, et la Grèce n’a pas respecté ses devoirs. Plusieurs intervenants ont donc fait savoir qu’il était hors de question qu’ils payent les pots cassés à la place de la Grèce.
Là-dessus, ce qu’on appelle des « agence de notation », qui « notent » la valeur de l’emprunt de tel ou tel État, en fonction de sa capacité à rembourser, se sont affolés: et si la Grèce s’avérait incapable de rembourser, et tombait en faillite?
Échaudés par la crise, les investisseurs se sont mis à fuir comme la peste ce fruit pourri qu’était devenue l’économie grecque, créant un mouvement de panique sur les places financières et plongeant l’économie grecque dans une tourmente, dont elle ne sortira qu’en piteux état…
Le problème, c’est que cette chute du titre grec faisait manifestement les affaires de quelques groupes financiers, à en croire le journaliste Jean Quatremer, au moins une grande banque américaine (sauvée par le gouvernement) et deux fonds de pension américains (qui gèrent des capitaux incroyablement énormes) ont parié sur une chute du titre grec. Ils ont manoeuvré pour déstabiliser le cours de l’action grecque, en quelques sortes. Ca a tellement bien marché qu’ils se sont attaqués, dans la foulée, à d’autres États comme le Portugal et l’Espagne, l’Irlande et, progressivement semble-t-il, l’Italie.
Et maintenant?
On voit bien que la situation est un petit peu plus compliquée que « c’est la faute aux États » ou « c’est la faute au capitalisme financier ». En réalité, la responsabilité est distribuée entre le gouvernement grec (mauvaise gestion), BCE (erreurs de communication), fonds de pension (stratégies dilatoires) et investisseurs (cèdent à la panique).
Aujourd’hui, il semble tout de même que la réaction des marchés soit largement disproportionnée au regard de la vraie gravité de la situation. L’actuel gouvernement grec a l’air de vouloir jouer cartes sur table (transparence) et a prévu un plan d’assainissement des finances publiques modeste, mais crédible (revenir à 8,7 % de déficit en 2010, puis diminuer de 2 ou 3 % en 2011 et 2012, jusqu’à atteindre l’équilibre). Il est normal que ce processus prenne un peu de temps et il faut maintenant laisser la Grèce panser ses plaies – car les stigmates sur « l’économie réelle », sur l’emploi notamment, seront bien profonds.
Si l’irrationnel et la panique devaient continuer à prendre le dessus, il faut impérativement des gestes d’apaisement au niveau de la Banque centrale européenne. Que ce soit un engagement à couvrir la dette au-delà d’un certain seuil, ou à prêter de l’argent à un taux réduit à la Grèce, j’imagine que plusieurs solutions sont possibles. Cela éviterait de déstabiliser la zone Euro dans son ensemble. Mais il faut mettre un frein à une tourmente qui, au-delà d’un certain stade, n’a plus rien de strictement logique.
***
Update 12/02: les Coulisses de Bruxelles font un topo, très clair, sur les modalités d’intervention de l’Union européenne concernant la protection d’un de ses membres. Ce billet est sans doute davantage précis que le mien.
Voir également la chronologie des événements du Monde.

Noël 2008 marquera d’une pierre blanche l’histoire politique belge. Avec la chute de Leterme Ier suite au Fortisagte, c’est l’impéritie sèche et totale du gouvernement qui transparaît (une fois de plus) au grand jour. Fantoche, ce gouvernement n’a jamais été en mesure de faire illusion, de sa naissance branquignolesque à son euthanasie précoce. On annonce aujourd’hui un simple remaniement avant remise en selle de cette improbable “pentapartite” dont le seul objectif semble être d’éviter à tout prix un retour aux urnes précoce.
Finalement, le Roi a tenu un discours de bon sens cette année, insistant avant tout sur le contexte international, sur le nouvel ordre mondial au sein duquel la Belgique et ses petits conflits internes nagent à contre-courant. N’est-ce pas un magnifique auto-crime de lèse-majesté que d’admettre en creux l’insignifiance de la Belgique à l’échelle européenne et globale ?
Concrètement, où en sommes-nous ? Dans la plus stricte impasse.
Ce gouvernement complexe, multipolaire et pléthorique (23 ministres et secrétaires d’Etat, si mes calculs sur la photo du Soir de ce jour sont corrects) a presque mis plus longtemps à se former dans la douleur qu’à fonctionner. Même constitué, il fut parsemé d’opposition interne et de crises à répétition. Leterme et Reynders se sont bien tapé fort sur le ventre en s’auto-congratulant du sauvetage des banques, seule action vraiment palpable du gouvernement qui, ironie du sort, en fut aussi le fossoyeur indirect.
Pour nous résumer, d’une part nous avons une Belgique, petit pays qui s’inscrit, avec peu de moyens, dans un contexte global marqué par une crise financière d’ampleur sans précédent. D’autre part, nous avons un pays clairement hors d’état de fonctionner. La cause première en est très probablement le paysage institutionnel tout simplement ingérable, qui suppose un remodelage en profondeur, une véritable tabula rasa des institutions, sous peine d’aller droit à la scission. Un second facteur, dont il est difficile de déterminer la provenance, complique la situation : c’est le manque flagrant de charisme des élites politiques actuelles, lesquelles semblent privilégier le calcul, les opportunités stratégiques et les visées personnelles à une quelconque notion de bien commun, de confiance ou d’esprit constructif. On pourrait en effet soutenir que la génération politique actuelle ne forme pas précisément une classe soudée… A vrai dire, qu’il n’existe pas vraiment de génération politique actuelle.
Double contexte de crise radicale, donc, qui appelle à mon sens des réponses qui ne le sont pas moins. A problème grave, solutions inédites et fortes. Or, que constate-t-on ? Aussi bien en ce qui concerne la crise financière que la crise politique, on constate une grande indigence des moyens utilisés pour aller de l’avant.
Là où des réformes en profondeur, des changements structurels sont attendus, du vent. Du bricolage. Des rustines. Des mesures ponctuelles, immédiates, urgentes. En ce qui concerne le système financier, elles sont certes adoptées sans préjudice d’une réflexion sur l’avenir du système lui-même. Mais on en reste tout de même, à mon sens au stade du discours et de l’idéologie (”il faut réguler l’économie”). D’abord, je n’ai vu aucun acte concret visant à entériner toute réflexion de fond. Ensuite, la Belgique serait peut-être bien en peine d’imposer de telles mesures systémiques : que je sache, j’ai pourtant entendu fort peu d’appels en ce sens aux instances adéquates, européennes et mondiales (la Belgique n’a-t-elle pas siégé au Conseil de sécurité de l’ONU ?).
En ce qui concerne le système politique, navire à la dérive, c’est encore plus consternant car ce sont celles et ceux qui en composent le frêle esquif qui en dirigent également la barre. Aucun prétexte pour foncer droit au naufrage, donc, sauf le cas de volonté délibérée (ce qui relèverait d’un cynisme auquel je ne puis me résoudre). Comment se fait-il que, malgré la crise politique, institutionnelle et de leadership, aucune figure charismatique n’émerge pour remettre un peu d’ordre et forcer les mesures indispensables, déplaisent-elles au plus grand nombre ?
La première de ces mesures, à mon sens, est un grand rebattage des cartes électorales en 2009, ce que Wilfried Martens, probablement poussé par les équipes en place, a voulu éviter à tout prix. Je le maintiens : aller aux urnes en 2009 permettrait de dégager la Belgique de tout échéance électorale pendant une éternité politique (3 ans !), instaurerait de la symétrie entre les niveaux de pouvoir et permettrait une réflexion cohérente (parce que issue de coalitions semblables) et concertée sur l’indispensable réforme de l’Etat.
Ceux qui réfutent cette solution avancent qu’elle nuira à la stabilité de l’Etat, qui en a bien besoin en ces temps troublés, ainsi qu’en prédisant la montée des extrémismes de tout poil. Ceci est aisément falsifiable. En effet, la crise financière amène l’instabilité : c’est pourtant se leurrer de croire que le fédéral fonctionnera “comme si de rien n’était” en contexte électoral, régional et européen. L’imbrication des enjeux propres aux différents niveaux de pouvoir fait que le fédéral sera paralysé de facto, a fortiori au vu du bilan médiocre engrangé par lui jusqu’à présent, suite à sa pénible formation. Quel facteur permettrait d’imaginer la pentapartite rafistolée de partir sur les chapeaux de roue et d’engranger des résultats exceptionnels dans un contexte de campagne électorale ?
Deuxième contre-argument : si les élections de juin 2009 risquent bien d’être le théâtre de la montée des extrémismes ou du populisme, cela n’est pas une raison pour ne pas les organiser. Que je sache, exception faite de juin 2007, les extrémismes montent inéluctablement d’élection en élection, surtout au nord de la frontière. C’est un symptôme, pas une cause. Il faut en prendre son parti et en tirer les justes conséquences, qui ne peuvent consister, en aucun cas, à contourner ou éviter une échéance électorale…
Bref, la Belgique est à la croisée des chemins et a besoin, plus que jamais, d’une classe politique unie et visionnaire (enfin, rangée derrière une vision cohérente – car des visionnaires, il y en a au Nord du pays et, croyez-moi, vous ne les voudriez pas dans votre gouvernement). C’est à ce prix qu’il sera possible de répondre aux impératifs posés par la crise financière et politique. Cela ne se crée pas sur commande : il y faut un vote citoyen, une volonté de table rase et de reconstruire à neuf, sans tabous (sans tabous, j’ai dit !) ainsi que dans un état esprit tourné vers l’avenir. Et vite… !
C’est la crise financière et, avec elle, les plus grands auteurs et intellectuels contemporains sortent de leur réserve.
Fukuyama avait prédit « la fin de l’histoire » (et le dernier homme) lors de la chute du mur de Berlin, proclamant ouverte l’ère du capitalisme sans contrepoids, thèse qualifiée un peu rapidement de « fin de l’histoire ». Son auteur s’est par la suite amendé, reconnaissant que si, « fin de l’histoire » il devait se produire, la prédiction était pourtant un peu prématurée… Il est intéressant de lire l’analyse de ce même auteur sur une sorte de déclin (à haute vitesse) de l’empire américain.
Francis Fukuyama – « La Chute d’America, Inc. » – Le Monde
D’un autre côté, les thèses de Wallerstein – auteur marxiste s’il en est – qui annonce abruptement (et probablement un peu péremptoirement) la fin prochaine du capitalisme. Le substrat des thèses marxistes réside dans la logique auto-destructrice du capital : si on le laisse aller, il se nourrit, grandit, dévaste, cannibalise tout ce qui l’entoure au point de s’en anéantir. C’est pourquoi Marx, à l’époque déjà, plaidait parfois pour des mesures de nature très libérale, arguant que cela concourrait à accélérer la chute du capitalisme.
Amusant retournement de l’histoire : les thèses économiques classiques et ensuite néo-libérales ont énormément évolué depuis les théories économiques classiques de Smith, etc. Elles se sont adaptées aux évolutions du monde et ont prolongé la validité de leur raisonnement par des artifices chaque fois un peu plus équilibristes… D’aucuns proclament qu’elles ont glissé de ce fil ténu et ont lourdement chuté. La science économique serait en faillite.
Et bien, voici où je veux en venir: lisez cette interview de Wallerstein. Il procède exactement de la même manière. Il reprend les thèses de Marx, les actualise et justifie rétro-activement les motifs pour lesquels le capitalisme a tenu le coup jusqu’à nos jours (alors que Marx en annonçait la fin imminente). C’est amusant. Au fond, il prolonge et maintien à tout prix le core business théorique de Marx, quitte à en amoindrir la lisibilité et, se peut, la validité.
Immanuel Wallerstein – « Le capitalisme touche à sa fin » – Le Monde
Retenons de ces deux histoires qu’il faut éviter l’effet d’annonce et la proclamation péremptoire du futur proche : il ne se révèle à nous qu’avec de la patience et emprunte des chemins tortueux qu’il est, ma foi, particulièrement difficile d’emprunter.
L’hiver s’annonce rude et l’un des premiers à en subir les effets est Élio di Rupo, le Pap’ du PS. Ayant précocement troqué le col roulé qu’on lui a vu à l’occasion contre son classique noeud papillon (qui fait son grand retour avec la rentrée politique), notre ami Élio a visiblement attrapé une crève des grands jours.
C’est donc enroué comme un chat de gouttière chantant la sérénade qu’Élio di Rupo nous parle de la crise financière au JT de la RTBF (les vidéos sont sur le blog d’himself). À moins qu’en réalité ce ne soit l’émotion qui l’étreigne… Monseigneur di Rupo nous réserve plusieurs citations tructulentes. Morceaux choisis.
Je pense qu’il faut plus de régulation, je pense qu’il faut un Kyoto de la finance
Excellent, camarade : fixons des objectifs indicatifs à l’horizon de 2018, comme ça on est sûr de pouvoir ne pas les remplir!
Les financiers, c’est pour moi une exigence, doivent revenir à la fonction de base de la banque, c’est-à-dire aider les entreprises, soutenir l’ »économie réelle » et protéger l’épargne des citoyens !
Bravissimo ! Fortissimo ! Leader Maximo ! Très belle exigence. Comme moi cependant, M. De Brigode est immédiatement taraudé par cette question : n’est-ce pas là un voeux pieux ? Hé non ! Élio di Rupo stocke dans son noeud papillon la solution magique pour mettre les financiers au pas :
Non, ce n’est pas un voeux pieux ! Par exemple, à l’Internationale socialiste, nous mettons au point un groupe de travail avec des Prix Nobel (…).
No comment.
Autres extraits, pur régal :
Comme il y a une enquête du FBI aux États-Unis, il nous faut en Europe et singulièrement en Belgique une commission d’enquête parlementaire.
Le FBI ! Gasp ! On imagine aisément Herman de Croo diligenter une enquête avec une cellule spéciale de parlementaires – agents secrets façon Les Experts Bruxelles-Halle-Vilvoorde. Le grand cadavre à la renverse ! Technologie, laboratoire, analyse ADN de Maurice Lippeux, tout ça pour un rapport imbuvable et inutile de 500 pages… À paraître aux éditions La Chambre en 2010 (si tout va bien).
Maurice Lippens (parlons-en, puisqu’on y fait allusion) pourrait-il avoir un parachute doré ?
Ha, moi, j’espère que non ! C’est une question d’éthique. Il faut remettre de la morale dans les affaires !
À ce stade, je m’embrouille : de quelles affaires parle-t-il ?
Bref, tout ça pour dire que je suis et reste parfois un grand naïf. Les inepties noeud papilloniennes ne devraient même plus m’interpeller, tant il est vrai que la capacité d’Élio di Rupo à tenir un discours en phase avec les événements semble s’effilocher depuis longtemps et n’être plus actuellement que l’ombre d’elle-même.
Le constat de crise grave de la gauche s’étend par-delà l’Europe entière. Si l’on excepte une ou deux sorties médiatiques annuelles (1er mai, etc.), cela fait longtemps que le PS a démissionné du terrain économique, voire a investi sans vergogne ce « néo-libéralisme » ou ce marché débridé qu’aujourd’hui, événements aidant, il aimerait dénoncer. Pour être crédible ce faisant, il aurait fallu que la critique anticipe l’incendie.



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