jan 182010

nanotechnologie1

La Commission nationale du débat public, en France, organise une série de débats publics sur les nanotechnologies, faisant suite au plan NanoInnov lancé en mai 2009 par le ministre Borloo.

Cette initiative d’une très grande envergure est très farouchement contestée. Bon nombre d’opposants dénoncent un débat instrumentalisé, dont le seul but serait de faire « passer la pilule ». Autrement dit, guère d’intérêt si ce n’est en termes de catharsis (que la populace vide son sac) et de légitimité (pour les gouvernants). En l’occurrence, la ficelle est un peu grosse et, très clairement, la conception de cette série de débats souffre de très importants problèmes de cadrage.

Alors, que se passe-t-il? Les opposants sabotent. Ils chahutent, déversent de l’ammoniaque, lancent des papiers un peu partout… bref, ils rendent le débat impossible. Et pour cause, puisque deux des débats ont dû être purement et simplement annulés (à Grenoble et, ce 15 janvier, à Lyon). La cacophonie fut la plus forte.

Du coup, je m’interroge. Car, indubitablement, les gouvernants et les experts scientifiques impliqués ne procéderaient pas autrement pour donner l’image d’un monde clos, replié sur lui-même, et cette série de débat symbolise sans doute, dans une certaine mesure (de par leur conception méthodologique) une dérive autocratique.

D’autre part, comme l’a très justement fait remarquer un commentateur sur ce blog scientifique, le fait de proscrire un débat anti-démocratique n’est pas en soi une démarche démocratique. Pour le dire autrement, la méthode qui consiste à ruiner le débat est également totalitaire et méprend très certainement certains des droits les plus fondamentaux reconnus par une démocratie, comme la libre expression et le respect de la parole d’autrui.

La conclusion, j’espère l’élaborer avec vous, chères lectrices, chers lecteurs, dans les commentaires. Ces actes sont-ils un moyen de résistance légitime et un juste retour des choses, ou constituent-ils une intolérable violation des principes démocratiques?

Plus d’infos sur le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération.