Michel Daerden est populaire pour ses incartades à l’étiquette politique.
Récemment, il faisait parler de lui pour une allocution remarquée, dans un néerlandais flou et hilare, dans les Ors du Sénat de Belgique.
Le lendemain, hasard des hasards, les activités de révisorat faisaient parler d’elles sur un plan judiciaire, et l’information était presque totalement éclipsée par sa « prestation » de la veille. Difficile de ne pas croire en une théorie de l’écran de fumée, Daerden cherchant, en fin stratège sans doute, à attirer l’attention sur sa personne pour mieux la distraire de ses activités contestées. Une séduisante théorie de l’écran de fumée, en somme.
On est sans doute pas au bout de nos surprises sur ce dossier.
Soutenu par son président de parti, Élio di Rupo, Daerden père et fils reviennent à la une avec deux informations. D’une part, le caractère douteux de ces activités avait été porté à la connaissance des intéressés par des académiciens, dès 2007. D’autre part, le ministre des affaires intérieures et coreligionnaire des personnes précitées au sein du PS, Paul Furlan, surfe sur la problématique en annonçant, de manière très étonnante, des « surprises » lors de son audition au Parlement, prévue demain. Il annonce un examen du dossier « sans concession ».
Bref, la personnalité exubérante de Michel Daerden et ses succès médiatiques à répétition expliquent peut-être l’étrange déroulement de cette affaire. Les journaux, si prompts à dénoncer l’affairisme, préfèrent donner dans le panneau d’un écran de fumée à peine voilé. Si le président de parti agit de manière prévisible, en soutenant Michel Daerden, son comportement est aussitôt dénoncé et, d’un autre côté, le ministre wallon des affaires intérieures fait une sortie pour le moins intriguante.
Décidément, les rebondissements s’annoncent nombreux. Espérons qu’ils conduisent à sceller une fois pour toutes le destin politique tortueux d’un ministre dont les pitreries n’ont jamais pu dissimuler les fumeuses activités…
J’ai le très net sentiment que ces invectives viriles entre les deux partis dominants que sont le PS et le MR visent, tout comme en 2007 par ailleurs, à alimenter une surenchère médiatique qui tend à bipolariser « l’offre politique ». Lorsque les deux ténors, le bleu et le rouge, s’affrontent sur le ring, il ne reste que peu de place aux petits poucets que sont (qu’ont pu être) ECOLO et le CDH.
C’est une stratégie de monopolisation des espaces médiatiques sensée profiter aux partis impliqués dans la bagarre, le PS et le MR. Cela a d’ailleurs pas trop mal fonctionné en 2007. Cette fois, cependant, la crise politique et la crise économique sont passées par là… On a le sentiment que l’enjeu, aujourd’hui, est de s’enfouir sous terre, de fuir les médias plutôt que de chercher à y figurer (à tout prix, peu importe le message délivré…).
Les « plus petits partis », qui cherchaient à « exister » médiatiquement face à leurs rivaux en 2007, la jouent nettement plus profil bas cette fois-ci. ECOLO se positionne bien en tant que futur arbitre des résultats du scrutin, et le cdH continue certes de marteler qu’il est au centre-contrairement-à-tous-les-autres, mais globalement on sent que la stratégie est davantage de laisser MR et PS filer au naufrage en tandem.
La presse ne s’y trompe d’ailleurs pas : son étonnant manque de lucidité sur les stratégies de bipolarisation de Reynders et de Di Rupo, en 2007, a cédé la place à une incrédulité quant aux invectives de rigueur, ainsi qu’à une prise de conscience de cette stratégie faites d’omerta et d’exclusions à l’égard du grrrrand rival. En outre, tout cela est également dû à la percée verte qui ne fait plus guère de doutes, même si l’ampleur reste à déterminer. Quand le succès annoncé d’ECOLO permet à ceux-ci de jouer dans « la cour des grands », même modestement, cela ruine en creux un discours qui viserait à ne maintenir dans cette « cour des grands » que les seuls PS et MR.
Je suis étonné que l’axe de campagne principal défendu par les socialistes soit le changement. Ils ont fait de la rupture au modèle socio-économique dominant leur thème majeur pour les prochaines élections, suivant en cela la mode outre-Atlantique, voire même outre-Quiévrain. Ils dénoncent les dérives du modèle économique et financier qui a conduit à la crise.
Bien évidemment, cet argumentaire ne tient pas la route une seule seconde si l’on examine la composition des gouvernements régional, communautaire et fédéral successifs : le PS est une composante dominante de notre paysage politique depuis un bon bout de temps.
C’est certainement une analyse rudimentaire et une question tout aussi naïve : pourquoi les adversaires politiques ne mettent-ils pas cette contradiction en avant, et pourquoi le PS s’obstine-t-il à promettre un changement que, selon toute évidence, il peine à incarner?
David Coppi, journaliste du Soir, signe ce jour un article intitulé : « Le PS en reprend pour une campagne d’enfer ». Rebaptisé plus sobrement « L’affaire Donfut tétanise le PS » dans l’édition en ligne, cet article se subdivise substantifiquement en trois parties :
1. Victimisation du PS : le pauvre parti socialiste subit un nouveau coup dur, à l’approche du scrutin régional. Quelle gigne! Auront-ils les épaules suffisantes pour encaisser ce choc de plus? À en croire le papier, d’une part le PS serait à plaindre de cette affaire, et d’autre part la démission du ministre ne serait due qu’aux circonstances, « l’option ‘démission’ a été jugée la seule praticale politiquement ‘compte tenu du contexte politique général’ (la citation est d’Élio di Rupo) ». Autrement dit, si l’on daigne faire abstraction du contexte, la démission n’est pas justifiée en tant que telle.
2. Glorification du PS : mais, dans l’adversité, contre les coups du sorts, la rose plie mais ne rompt point. Mieux, elle se redresse et, contre toute attente, se hisse et porte haut les couleurs de l’éthique ; le PS brandit à nouveau fièrement le drapeau de la bonne gouvernance, exigeant la totale interdiction de toute autre activité (publique ou privée) dans le chef d’un ministre. « Les plus belles contre-attaques sont les plus désespérées« , peut-on lire dans l’article de David Coppi. La flamboyance du geste n’aura échapé à personne.
3. Diabolisation des adversaires : le PS, noble, a su rester droit pour lutter contre cet énième coup du sort. Et pourtant, pourtant, ses adversaires profitent de l’occasion pour tirer sur l’ambulance, pour dégainer le sabre ; sans nul doute, on vise la tête. Le cdH met la pression et vitriole le ministre démissionnaire : « c’est la guerre, de bonne guerre…« . Le lecteur attentif aura senti la charge de lassitude dont sont dotés ces derniers points de suspension, on croirait entendre M. Coppi soupirer. Cela dit, attention ; le cdH, c’est encore de la petite bière, le « partenaire du PS à Namur« . Non, le vrai méchant, le grand loup, le sanglant viking, c’est bien sûr le MR. M. Coppi introduit sa charge par des propos anonymes minimisant les rémunérations du Ministre Donfut au regard des milliards investis dans la crise économique (une bien foireuse analogie, ma foi). L’on sait que l’axe programmatique du PS revient à mettre la crise économique sur le dos des libéraux ; c’est donc leur prêter foi que de publier ce commentaire étrange et malvenu. Sur ces entrefaits, l’article se conclut de bien belle manière en démontrant à quel point c’est le méchant MR qui a tout orchestré, sur base de l’heure de publication de leur communiqué de presse.
Bref, un exemple typique d’article mal équilibré et qui ne restitue à l’évidence qu’une thèse en présence, l’autre thèse étant bien sûr qu’il appartenait au PS de faire le ménage dans ses rangs, qu’il fallait redoubler de vigilance et s’engager de manière volontariste dans la voie de l’éthique politique, sous peine d’assister, impuissant, à des scandales médiatiques. Finalement, pour équilibre le papier de M. Coppi, il faudra lire l’édito, « Le PS ne doit s’en prendre qu’à lui-même« .
Ma vision naïve du journalisme me fait dire qu’un bon article doit être équilibré et faire place aux thèses en présence ; montrer que les socialistes dénoncent une manoeuvre électoraliste (ce qui est manifestement exact), et le faire clairement ; montrer que les autres partis s’engouffrent dans la brêche de la mal-gouvernance (et pourquoi pas les confronter à leurs contradictions, ce faisant) ; montrer enfin que le comportement du ministre était tout simplement inacceptable sur le plan de l’éthique politique. Parce que ce dernier point est tout simplement absent de l’article de M. Coppi ; les actes du ministre, qui sont centraux dans cette problématique, ne sont même pas évoqués… Il existe bien sûr une alternative, qui consiste à photocopier la carte de parti de l’auteur en guise de signature.
Décidément, on voit mal ce qui désormais peut faire obstacle de manière crédible à la réélection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République française. Il a surfé sur la précédente campagne électorale avec une aisance presque indécente face à une Ségolène Royal qui n’a jamais fait illusion, et dont les discours enflammés dissimulaient mal une absence presque totale de fond.
Il faut lui reconnaître qu’elle n’était pas soutenue par les pontes (dits « éléphants ») de son parti, pas même son mari, François Hollande, qui s’est assez nettement désolidarisé d’elle pendant la campagne et dont elle a divorcé par la suite. Elle a ensuite adopté des poses charismatiques et mystiques du plus détestable effet et a cessé définitivement de faire semblant de véhiculer un message politique, communiquant désormais par slogans exclusivement ( »changement », « rénovation », « fraternité », etc.)
Depuis sa victoire, Sarkozy a très habilement exploité les ambitions personnelles internes au Parti socialiste et a placé bon nombre d’éléments très stratégiques – tels que Kouchner ou Strauss-Kahn – à des postes inféodant ces dernier, dans les faits, au pouvoir établi. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette stratégie fut efficace, aussi bien en termes de récupération politique que de zizanie interne. Le PS français se déchire à qui mieux mieux.
L’apogée des luttes fratricides fut atteint ce week-end : les militants du PS français étaient appelés à choisir entre Ségolène Royal et Martine Aubry au poste de premier secrétaire (le chef du parti). La seconde l’a emporté sur le tranchant du fil à un tel point que le résultat du vote est surtout une division parfaitement symétrique du parti et une radicale incertitude pour l’avenir.
A titre personnel, je regrette que Bertrand Delanoë, maire de Paris, n’ait pas poussé sa candidature jusqu’au bout : il aurait pu emporter le morceau de manière beaucoup plus significative que Martine Aubry et, de ce fait, imposer son autorité à la tête du parti. Il incarne un très bon idéal de gauche, progressiste (au sens authentique, pas au sens dévoyé du terme dont est coutumière une certaine « gauche ») et sincèrement écologiste, animée par des idéaux de justice sociale. La meilleure traduction de ces principes prend corps dans le cadre de son maïorat, à la tête de Paris.
Souvent, la mairie de Paris est l’antichambre de l’Élysée. Peut-être Bertrand Delanoë se protège-t-il pour préserver intactes ses chances de se présenter contre Nicolas Sarkozy à la prochaine échéance présidentielle, en 2012. J’en doute. Et quand bien même, au vu de l’état pitoyable de délabrement dans lequel se trouve le PS français, on se demande bien quel génie politique arriverait à lui barrer la voie avec fruit à ladite échéance… Nicolas Sarkozy sera réélu. Avec le degré de division interne du PS français aujourd’hui, c’est une quasi-certitude.
Obama est Président des USA.
Il l’emporte très largement sur son rival McCain selon les premières estimations de résultats. Crédité un temps de 207 sièges contre 135 pour McCain, Obama a franchi la barre décisive des 270 sièges nécessaires vers 5h du matin, décrochant les états de Californie, d’Oregon et de Washington avec des majorités significatives. Avec 297 grands électeurs assurés, le triomphe d’Obama est univoque. UPDATE : McCain vient de reconnaître sa défaite (cuisante).
Comme beaucoup, je n’ai jamais lu la plus traître ligne de son programme politique mais who cares? Obama irradie un charisme fédérateur et a suscité un engouement peu commun autour de sa personne. Le consensus international explicite en vue d’éviter McCain me semble une bonne chose, tant ce cireux, sorti tout droit d’un Grévin, et ses visées réactionnaires (ou du moins celles qui ont transpiré dans les médias européens) sont ulcéreuses.
Pour le surplus, la récupération politique oscille entre le sirupeux et le graveleux. Si vous n’êtes pas populaire, faites vous populariser par les autres! Avec la manie de vouloir faire entrer Obama dans le carcan étriqué de la petite Belgique, bon nombre de nos élus, grappillant quelques miettes de notoriété ou d’exposition médiatique, ont tout juste réussi à faire montre de leur inanité. En ouvrant un comité aussi vain que « Belgium for Obama » (présidé par un président d’un parti présidentiel) ou en allant se faire mousser à des « Obama night »…
Pour le dire autrement, si Obama était Belge… Il serait socialiste, dixit le PS. Il serait libéral, dixit le MR. Il serait centriste, dixit le CDH.
Bref, n’en jetez plus, la coupe est pleine! Vivement la victoire de notre ami Barack, à qui je me réjouis de faire une petite visite en 2009, et vivement également la fin de l’ »Obamania », aka la récupération politicienne de bas-étage (voir cet excellent sujet de Eigen Blog Eerst). Puis-je suggérer aux élus en mal de popularité de tenter de se rendre populaire par eux-mêmes à l’avenir?
On en parle sur Je suis Belge mais je me soigne.
Mateusz a passé la nuit à live-bloguer sur son blog d’où provient la photo ci-dessus (déjà awardée du chicon de titane).
UPDATE : Jacky Morael nous livre un grand cru au sujet de cette élection.
L’hiver s’annonce rude et l’un des premiers à en subir les effets est Élio di Rupo, le Pap’ du PS. Ayant précocement troqué le col roulé qu’on lui a vu à l’occasion contre son classique noeud papillon (qui fait son grand retour avec la rentrée politique), notre ami Élio a visiblement attrapé une crève des grands jours.
C’est donc enroué comme un chat de gouttière chantant la sérénade qu’Élio di Rupo nous parle de la crise financière au JT de la RTBF (les vidéos sont sur le blog d’himself). À moins qu’en réalité ce ne soit l’émotion qui l’étreigne… Monseigneur di Rupo nous réserve plusieurs citations tructulentes. Morceaux choisis.
Je pense qu’il faut plus de régulation, je pense qu’il faut un Kyoto de la finance
Excellent, camarade : fixons des objectifs indicatifs à l’horizon de 2018, comme ça on est sûr de pouvoir ne pas les remplir!
Les financiers, c’est pour moi une exigence, doivent revenir à la fonction de base de la banque, c’est-à-dire aider les entreprises, soutenir l’ »économie réelle » et protéger l’épargne des citoyens !
Bravissimo ! Fortissimo ! Leader Maximo ! Très belle exigence. Comme moi cependant, M. De Brigode est immédiatement taraudé par cette question : n’est-ce pas là un voeux pieux ? Hé non ! Élio di Rupo stocke dans son noeud papillon la solution magique pour mettre les financiers au pas :
Non, ce n’est pas un voeux pieux ! Par exemple, à l’Internationale socialiste, nous mettons au point un groupe de travail avec des Prix Nobel (…).
No comment.
Autres extraits, pur régal :
Comme il y a une enquête du FBI aux États-Unis, il nous faut en Europe et singulièrement en Belgique une commission d’enquête parlementaire.
Le FBI ! Gasp ! On imagine aisément Herman de Croo diligenter une enquête avec une cellule spéciale de parlementaires – agents secrets façon Les Experts Bruxelles-Halle-Vilvoorde. Le grand cadavre à la renverse ! Technologie, laboratoire, analyse ADN de Maurice Lippeux, tout ça pour un rapport imbuvable et inutile de 500 pages… À paraître aux éditions La Chambre en 2010 (si tout va bien).
Maurice Lippens (parlons-en, puisqu’on y fait allusion) pourrait-il avoir un parachute doré ?
Ha, moi, j’espère que non ! C’est une question d’éthique. Il faut remettre de la morale dans les affaires !
À ce stade, je m’embrouille : de quelles affaires parle-t-il ?
Bref, tout ça pour dire que je suis et reste parfois un grand naïf. Les inepties noeud papilloniennes ne devraient même plus m’interpeller, tant il est vrai que la capacité d’Élio di Rupo à tenir un discours en phase avec les événements semble s’effilocher depuis longtemps et n’être plus actuellement que l’ombre d’elle-même.
Le constat de crise grave de la gauche s’étend par-delà l’Europe entière. Si l’on excepte une ou deux sorties médiatiques annuelles (1er mai, etc.), cela fait longtemps que le PS a démissionné du terrain économique, voire a investi sans vergogne ce « néo-libéralisme » ou ce marché débridé qu’aujourd’hui, événements aidant, il aimerait dénoncer. Pour être crédible ce faisant, il aurait fallu que la critique anticipe l’incendie.
Une vilaine rumeur se fait jour ces derniers temps au sujet du paysage des festivals musicaux francophones. Selon cette rumeur, les Francofolies de Spa et les Ardentes de Liège feraient expressément alliance, avec l’appui de Clear Channel (prononcez : live nation), dans le but de torpiller leur grand frère à tous, Dour.

On a fait grand foin du cas Laloux, je ne vais pas m’amuser à répertorier les liens qui ont parlé de cette affaire tellement ils sont nombreux. Il a donc « remis son mandat« … C’est ce qui arrive lorsqu’on avale de travers, on remet. Sans le savoir, je présume que cette rémission s’est faite sous la pression du Président Di Rupo. Le pauvre Laloux, dire qu’il venait hier de se « mettre en congé » de ses divers autres mandats… Pour des congés, s’en sont de brefs!
C’est amusant, je comptais en toucher un mot sur ce blog. Car l’affaire, au delà des broutilles de carte à essence etc., était tout à fait significative, un cas d’école de la présidence dirupienne. Et cette nomination en particulier avait été l’axe pivotant d’un basculement important. Jusque là, les dissidents publics internes – rares – existaient au PS. Pour la plupart, des dinosaures mis précocement à la prépension politique ; que l’on songe à Van Cau ou à De Clercq.
Dans le cas Laloux, cependant, il s’est produit un basculement, c’est-à-dire qu’avec la sortie de Moureaux, la révolte a été mise sur la place publique. Pour clarifier, avec ces « erreurs de casting » voire de « scénario » dans les Secrétariats d’État, l’opposition à la politique présidentielle a cessé d’être marginale pour être ouverte. Fabrice Grosfilley évoque des parlementaires socialistes qui auraient eu les larmes aux yeux à l’annonce des nominations.
Peut-être faut-il, dès lors, interpréter cette démission précoce comme un signal fort adressé par Di Rupo à son parti, qui le montre combatif et prêt à ré-endosser sa constestée pourpre cardinalice à l’issue du round médiatique de demain.

Je me dois de faire part ici de ma perplexité.
Vendredi dernier, comme chaque vendredi, je prends connaissance de la Une du « Vif L’Express » qui titre sur un sujet on ne peut plus insignifiant et inintéressant : « Les grandes sagas familiales ». Et d’expliquer en bref l’histoire de quelques familles dans un article digne des numéros de remplissage d’été (s’ensuit un dossier sur Liège qui a le mérite de soulever pas mal de questions pertinentes pour la ville, concernant la mobilité et l’aménagement du territoire notamment).
Entre les deux, mon attention est attirée par un article sur les Francs-Maçons. Que Diable! Leur confrérie n’est pas anodine au sein de nos pouvoirs publics. Sans poser de jugement sur la Loge que je ne connais pas, je constate qu’elle a colonisé le Parti Socialiste dans toutes ses strates supérieures, ce qui apparement est plutôt de notoriété publique. Di Rupo, Onkelinx, Moureaux, Van Cau, Busquin, mais aussi Magnette, Daerden, Lizin, Despi, etc (Quelqu’un sait-il pour Demotte?). Et, pour rétablir l’équilibre, Hasquin ou Michel père pour les libéraux.

So what?
Ce matin sur le campus du Sart-Tilman (ULg) dont je reparlerai d’ailleurs sous très peu, était distribué gratuitement un numéro du Vif imprimé mais retiré des canaux de grande distribution in extremis pour lui substituer le platissime « saga des grandes familles ». Ce numéro titrait : « Jeux d’influence. Complots. Le vrai pouvoir des francs-maçons ». Slogans : « Pourquoi les loges ont été infiltrées par des affairistes » et encore « Comment les frères pèsent sur la scène politique belge ».
Le dossier revient sur la douloureuse affaire Agusta, où les têtes politiques coupées (Spitaels, Coëme, Mathot père et Claes) appartenaient toutes à la loge. Ensuite, il reprend le dossier sur Charleroi de A à Z en essayant de montrer comment les « affairistes » ont infiltré la Loge. L’article pose la question pertinente : « jusqu’où va la solidarité maçonnique ? ». Des témoignages rapportés parlent d’obstruction d’enquête, de freins apposés sur dossier d’instruction voire d’infiltrations dans la magistrature.
S’il faut, comme le stipule l’article, trier le bon grain de l’ivraie et attendre le prononcé des jugements concernant Charleroi, il est quand même interpellant que ce numéro n’ait pas atteint les présentoirs… La Loge possèderait-elle également des relais efficaces dans le milieu médiatique voire chez Roularta?
(quelques infos sur la Loge en France et en Belgique, ainsi qu’un Weblog franc-maçon)





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