juil 152010

La roupie indienne, soit la monnaie d’un géant économique, n’avait pas de symbole officiel, tel que les très connus $, €, ¥ ou £.

Au terme d’un concours, voilà qui est réparé, peut-on apprendre dans Le Soir. La roupie indienne aura son symbole. Curieusement, Le Soir ne publie pas ledit symbole, pas plus d’ailleurs qu’aucun de ses confrères de la presse francophone, pour le moment.

Qu’à cela ne tienne, le voici publié sur Périscope :-)

Selon son concepteur, et je le rejoins, c’est un très beau mix d’alphabet occidental et indien!

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juil 142010

Le secret de Paul le Poulpe éventé:

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juil 132010

La Commission européenne, suite à une décision qui laissait présager un revirement de politique, vient d’autoriser une procédure très nettement simplifiée de mise sur le marché d’OGM (organismes génétiquement modifiés).

Les faits: la procédure jusqu’ici bloquait, de fait, de telles autorisations; cette procédure avait été adoptée sous la pression des opinions publiques, majoritairement hostiles aux OGM; certains États, dont l’Allemagne, rongeaient leur frein pour pouvoir se lancer à corps perdu dans ce business; la Commission a attendu le milieu des vacances, en plein juillet, pour prendre cette décision; décision qui est, dans ce cas-ci, une décision de principe (plutôt qu’une décision ponctuelle, comme précédemment), qui vise à vider le problème une fois pour toutes.

L’opinion: l’Europe technocrate qui gouverne à contre-sens des opinions publiques était au bord du gouffre, et vient de faire un grand pas en avant. L’Europe est paradoxale, car ses institutions fonctionnent pour l’ensemble de manière démocratique et transparente. Cela dit, cela ne l’empêche pas de poursuivre des objectifs dont il est permis de douter qu’il soient conformes à l’intérêt général. Démonstration avec les OGM.

À qui profite les OGM?

Aux peuples? L’Europe, avec sa politique agricole, est très largement souveraine alimentairement. Plus personne, en Europe, ne meurt de faim. Il n’y a ni pertinence, ni intérêt à mettre des OGM sur le marché. Pour le reste du monde, qui n’a pas toujours la chance de se nourrir convenablement? Nous produisons des surplus agricoles que l’on pourrait distribuer gratuitement au lieu de les jeter, nous pourrions cesser de dévaster leurs cultures pour faire pousser notre café, notre coton et nos carburants. Au surplus, nous pourrions également verser les millions d’Euros injectés dans la recherche et développement des OGM et autres biotechnologies. Soyons sérieux: les OGM ne profitent pas au peuple, du moins pas intrinsèquement, pas directement.

À qui, alors? Le développement et la mise sur le marché d’OGM est supposé avoir un bénéfice indirect: stimuler la croissance économique et, de ce fait, la création d’emplois. Comment cela fonctionne-t-il? Des consortiums industriels, des partenariats public-privé sont mis en place. Le cas échéant, l’Etat subside (assez grassement) la R&D. Des centaines de chercheurs sont employés, développent un produit qui est commercialisé et rapporte des sous à l’entreprise, qui va engager davantage, et puis contribuer à augmenter le Produit national brut.

Où est le problème? Comme je viens de le mentionner, ces bénéfices indirects reposent sur deux hypothèses causales: 1) les OGM vont amener de la croissance et 2) la croissance est bénéfique pour l’emploi. Ces deux hypothèses se suivent et la « 2) » ne peut s’envisager si la « 1) » n’est pas respectée, dans ce raisonnement. L’Etat, à court d’alternatives politiques, veut y croire dur comme fer.

Sans même prolonger de beaucoup le raisonnement, on peut à tout le moins constater avec moi l’absence de bénéfices directs et la fragilité du fil de raisonnement qui conduit à d’hypothétiques bénéfices indirects. En attendant, les entreprises se sont mis les subsides étatiques dans la poche et encaissent les seuls fruits directs de la mise sur le marché d’OGM, de l’argent sonnant et trébuchant.

Et je ne parle même pas des rapports de force inégalitaires instaurés entre le Nord et le Sud, ni de la mise sous pression des Etats européens qui, dorénavant, voudront maintenir une ligne dure en la matière, ni encore des effets potentiels des OGM sur l’environnement ou la santé humaine. Bref, la Commission vient de faire montre d’une belle obtusion d’esprit, avec une décision stupide et adoptée en stoemeling. C’est pas joli-joli et, pour donner mon sentiment, parfaitement contre-productif à terme. En faisant la part belle aux intérêts catégoriels, comment voulez-vous doter la Commission d’un semblant de rôle de garante de l’intérêt général, de légitimité démocratique?

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juil 012010

Un ours asiatique qui fait du kung-fu… Irrésistible!

Une passion jamais démentie pour les bâtons, depuis la disparition de sa mère dans des circonstances tragiques, suivie de son incarcération dans un zoo japonais.

via Damn Cool Pics

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juin 282010

KAUn communiqué très mal placé des MJS (jeunes socialistes) a critiqué le support du cours dispensé par Rudy Aernoudt à l’ULg. Il sous-entendait qu’un maître de conférence, intervenant ponctuel invité, était tenu à un devoir de réserve et se devait d’être politiquement asexué. Cet argument ne tient pas la route une seconde: au long de mon expérience d’étudiant à l’ULg, j’ai eu la chance de recevoir des cours d’une série de personnalités de terrain, dites « extraordinaires », engagées bien évidemment. Songeons, par exemple, à Louis Michel ou Guy Quaden.

Le Recteur, pensant apaiser le débat, a fait remarquer que, suite à une réforme de ses programmes, le Conseil de Faculté de la Faculté de Droit et de Science politique n’avait pas reconduit M. Aernoudt dans ses fonctions. Il semblerait que ce dernier ait lancé une chasse aux sorcières, émettant des liens intempestifs entre ces deux événements et dénonçant « l’interférence politique dans les milieux universitaires ».

Idiot et erroné.

C’est idiot, d’une part, car c’est exactement le genre d’attitude qui abîme fortement la crédibilité du vice-Président du Parti Populaire. En déclarant ouvert le Grand Complot à tort et à travers, surtout dès que cela concerne sa petite personne, M. Aernoudt se vautre dans un statut de victime perpétuelle, en instrumentalisant les faits, ce qui est toujours dangereux. Le Recteur a des mots très durs pour qualifier cette prise de position, et je ne puis qu’y acquiescer.

C’est erroné, d’autre part, car les faits démentent formellement les cris d’orfraie poussés par M. Aernoudt. Car il se trouve que j’y travaille, moi, au département de science politique. Que j’ai eu l’occasion de suivre d’assez près la réforme des programmes. Je peux garantir deux choses. La première, c’est qu’il n’y avait aucune espèce d’éminence grise politique à la barre; le Conseil de Faculté a pris ses décisions en pleine et entière indépendance, suite d’ailleurs à un audit externe fructueux1. La seconde, c’est que la réforme du programme visait plusieurs objectifs, qui tous entendaient s’inscrire dans une économie générale, faisant totalement fi de cas particuliers comme celui-là. Il y avait, d’un côté, volonté manifeste de recentrer les activités de la Faculté sur les membres de son corps académique et, d’un autre côté, d’augmenter l’offre et, partant, de restructurer les cours de langues dispensés.

En bref, cette controverse s’apparente à une tempête dans un verre d’eau. Un communiqué d’un goût franchement douteux suivi d’une croisade personnelle pas franchement plus inspirée. D’où le sentiment qu’il était bienvenu de clarifier un peu la situation de mon petit point de vue, pas si mal placé; si cela peut contribuer à éteindre le feu au lac…

Bernard Rentier, Recteur » Une université multicolore et libre de pressions.

Un cours universitaire de Rudy Aernoudt supprimé, sur 7 sur 7.be

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  1. la composition de la commission était essentiellement internationale, par ailleurs, composée de membres français, canadiens ou suisse []
juin 112010

sous

Je lis cette opinion du politologue Devos dans La Libre et, bien que j’aie de nombreux points de désaccords avec son texte, il a cependant le mérite de bien mettre en lumière la nécessité de réformes d’un nouveau genre. Il souligne très justement que la manière habituelle de négocier des compromis en Belgique – compétences contre financement – a atteint ses limites.

« No representation without taxation et inversement ».

Il faut tirer de cela deux conséquences. La première est évidente: réformer la loi de financement est une condition nécessaire, mais pas suffisante du débat. Or, je l’ai déploré à de nombreuses reprises, cela reste un tabou pour TOUS les francophones (toucher à la loi de financement, c’est toucher au régime de solidarité fédérale, sinon c’est qu’on n’y a pas vraiment touché).

La seconde conséquence, c’est la condition « suffisante » d’une bonne réforme de l’Etat, qui est d’entériner une révolution qui a déjà eu lieu dans notre pays, qui est d’ordre sociologique et juridique: c’est la reconnaissance d’une bipolarité structurelle entre deux nations, la nation flamande et la nation francophone.

La Constitution dit déjà que les Régions disposent d’une compétence résiduelle, autrement dit, elles sont le centre de gravité politique du pays: toutefois, par obstruction des francophones, cet article n’est toujours pas en vigueur. Première chose à faire: admettre la réalité de ce texte écrit dans notre Constitution et lui donner toute sa portée juridique.

Seconde prescription: transférer de très importantes compétences fiscales aux Régions. Pour le moment, le budget des Régions est encore ridicule au regard du budget géré par l’Etat fédéral, et cela ne reflète pas du tout la réalité des compétences exercées sur le terrain. Il est sain de rééquilibrer cela en donnant aux Régions des compétences fiscales propres – sans transiger évidemment sur le statut de Bruxelles comme Région à part entière.

En somme, il ne s’agit pas de nourrir de grandes velléités réformatrices ou de bouleverser l’ordre établi. Il s’agit simplement d’entériner une révolution qui a déjà eu lieu: le déplacement du centre de gravité politique, de l’Etat fédéral vers les Régions fédérées.

Lalibre.be – Ne pas crier “non” à tout.

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juin 082010

campagne_frileuseSur le blog « Sans langue de bois« , Charles Bricman, en accord en cela avec la majorité des commentateurs, fait l’analyse d’une campagne frileuse, tiédasse, défensive avant tout.

Sur le plan communautaire, c’est on ne peut plus vrai. Les quatre grands partis font preuve d’une attitude en recul, sur la défensive, dénoncent sans proposer, refusent sans être constructifs. En résumé, ils sont tous d’accord, d’un côté, de régionaliser à la marge et, de l’autre côté, de refuser toute forme de confédéralisme et de toucher à la sécurité sociale (sous toutes ses formes). À noter, dans cette approche excessivement étroite, deux maigres ouvertures: d’une part, Ecolo qui tente, tant bien que mal, de tisser des liens avec Groen! (et qui s’en voit abondamment vilipendé) et, d’autre part, le PS qui manifeste quelques d’ouvertures aux thèses flamandes, en ce compris confédéralistes (et qui s’en voit abondamment vilipendé itou).

Sur le plan « socioéconomique », la fameuse formule creuse qui veut tout dire et rien à la fois, à nouveau c’est le grand consensus qui règne. Tout le monde s’accorde à vouloir plus de moyens pour la justice, les pensionnés, les démunis, les fragilisés, etc. Là-dessus, les pétitions de principe sont légion, les slogans creux, les idées vides – à défaut d’êtres chiffrées – abondent en tous sens. C’est très consensuel, de promettre un peu de tout à tout le monde, surtout en demeurant très flou. Surtout que l’on sait ce qu’il advient, dans un régime de coalition, des intentions programmatiques (c’est-à-dire, pas grand chose).

En revanche, toujours sur les aspects socio-économiques, on a eu un vrai débat de fond, hier, entre les présidents de parti (sur La Première). Un bon vieux débat clivé sur un axe gauche-droite, et qui porte sur la nécessaire réforme de la fiscalité. L’Etat belge, comme tous les Etats européens, s’est endetté pour parer au plus pressé de la crise économique. Maintenant que le système bancaire et financier est retourné à la normale (les banques font du profit, les spéculateurs spéculent), se pose la question de comment combler ces déficits qui ont été creusés. Et pour ça, il n’y a pas 36 solutions: il faut soit diminuer les dépenses, soit accroître les recettes, soit les deux. En toute hypothèse, la réforme doit passer par une réforme fiscale.

Et là, me semble-t-il, on a droit à un vrai débat. Faut-il taxer davantage les revenus du capital? Faut-il taxer l’épargnant ou l’actionnaire? Si l’on taxe l’actionnaire, faut-il distinguer entre l’actionnaire « bon père de famille », qui contribue à « l’économie réelle », et l’actionnaire spéculateur, qui contribue à la détruire? Faut-il supprimer ou revoir le régime des intérêts notionnels? Si l’on refuse toute nouvelle mesure taxatoire, autrement dit, si l’on refuse d’augmenter les recettes, il faut alors diminuer les dépenses. Comment s’y prend-on? Quelles priorités met-on en place? Quelles coupes budgétaires?

Ce débat-là est authentiquement politique et confronte des visions de la société. Aussi bien le PS, le cdH qu’Ecolo sont en faveur de taxations du capital: une taxe sur la plus-value des actifs boursiers, une taxe sur les opérations de spéculation, une taxe sur les banques. Le PS et Ecolo réclament une révision des intérêts notionnels: on conditionne le bénéfice de ce mécanisme à des conditions en termes d’emploi. Le MR se distingue en prônant un statut quo fiscal: selon Didier Reynders, il faut maintenir la taxe sur les banques qu’il aurait mis en place (et rapporté 600 millions d’Euros), ainsi que le prélèvement sur les acteurs du nucléaire (conformément à l’accord Magnette) – ce qui présuppose bien évidemment la prolongation des centrales.

Le PS, le cdH et Ecolo refusent l’austérité, la coupe sombre dans les budgets des pouvoirs publics: ils prônent la « rigueur ». À mots à peine voilés – même si ne l’admettant que du bout des lèvres et à reculons, le MR est davantage en faveur d’une sorte « d’austérité » budgétaire, en tous cas si l’on compare aux trois autres partis (car le terme en lui-même est soigneusement évité par le MR). Bref, je pense raisonnable d’affirmer que le MR est en faveur de mesures d’austérité drastiques telles que les gouvernements grec, espagnol ou anglais ont adopté ou sont en voie de le faire.

Bref, sur la thématique fiscale, on voit se confronter des points de vue assez divergents, qui retracent un axe gauche-droite sur lequel se situent clairement, à gauche, le PS, le cdH et Ecolo et, à droite, le MR. Le tout se déroule dans un contexte, je le rappelle, globalement consensuel, même sur le plan socio-économique. Bref, la campagne n’est pas entièrement frileuse, à condition que l’on creuse dans les recoins les plus fouillés, à la recherche du contenu programmatique.

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mai 262010

Nuage de tags généré sur l'article "Crise financière" sur Wikipédia

Nuage de tags généré sur l'article "Crise financière" sur Wikipédia

Nuage de tags généré sur l’article « Crise financière » sur Wikipédia

Irène Kaufer écrit un excellent article sur l’importance de problématiser le vocabulaire de la crise économique, autrement dit de refuser le diktat des termes communément employés – et qui pourtant sont lourds d’implications, de significations, de partis-pris.

Dans une chronique de Libération, Pierre Marcelle écrit : « De « la crise » et tout ce qu’elle recouvre, on devrait cesser de gloser avec les mots de l’adversaire (marchés, taux d’intérêts, croissance, déficits publics, inflation, déflation, etc.) qui, la désincarnant, la réduisent à une inéluctable abstraction ; à une expertise » (1).

D’abord, la « compétitivité » (…).

Autre exemple, le « non marchand » (…).

Une intervention salutaire que je complémente de la réflexion suivante:

Excellent, excellent! Très stimulant.

C’est vrai qu’on porte rarement assez d’importance à la signification des mots et à leur portée. Je pense au terme de « gouvernance », aussi, qu’on rabâche à tue-tête dans tous les domaines de recherche, de l’économie à la science politique… Personne n’a la moindre idée d’où ce terme provient, de ce qu’il veut dire (controverses infinies) et surtout de son profond ancrage idéologique. Beaucoup d’oripeaux dont il faut se débarrasser avant de faire usage du terme…

Autre exemple: le Ravel. Le réseau des voies lentes. Dans une société du tout-à-la-vitesse, on ne saurait mieux qualifier ces rares spaces alloués à la mobilité « inutile », lente car elle n’est pas rapide… Piétons, cyclistes, autant dire le réseau de « voies boulet », des voies de cul-de-sac productiviste!

Voir le blog d’Irène Kaufer

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mai 252010

Lisez cette tribune de Walkowiak: il y explique de l’analyse de Bart de Wever sur l’état de la Belgique est partiellement fondée. Tout plaide, tout est prêt aujourd’hui pour deux entités politiquement et juridiquement distinctes, réunies sous une coupole confédérale, chargée des attributions régaliennes: justice, intérieur, affaires étrangères.

Le reste, tout le reste, il faut maintenant commencer par le brader, sécurité sociale y compris. Tout. Après, on peut reconstruire des mécanismes de solidarité, pleinement délibérés et consentis. On peut aussi ne pas le faire.

Car, que se passe-t-il pour le moment? Les francophones persistent à entretenir de savantes confusions. D’une part, ils maintiennent un flou absolu sur les compétences à régionaliser. Du bout des lèvres, il lâchent à reculons un point de détail. D’autre part, ce faisant, ils font perdurer une logique centrifuge, celle d’un Etat central en voie de délitement au profit de ses entités fédérées. Enfin, ils sont unanimes pour refuser toute modification du régime de sécurité sociale.

Les partis francophones savent ce qu’ils ont à y perdre: ces millions d’euros qui transitent de la Flandres à la Wallonie. Dans leur logique, il faut préserver ces mannes à tout prix. Pas de choix politiques douloureux ni d’arbitrages contraignants dans l’immédiat, certes. Mais, à terme, les partis francophones se tirent une triple balle dans le pied.

Primo, ils cautionnent par leurs actes les reproches qui peuvent leur être adressés par la Flandre: ils reconnaissent bel et bien l’existence d’une solidarité fédérale – c’est-à-dire d’un soutien financier opérant du Nord au Sud. Secundo, sur fond de crainte de déclin économique en Flandres, ils attisent la panique d’une Nation qui sent sa destinée lui filer entre les doigts; ils exacerbent le nationalisme flamand. Tertio, et c’est sans doute le plus important; en se cramponnant à ces mannes financières, les partis francophones s’inféodent de facto, proscrivent la possibilité de reprendre leur sort en main et d’affirmer leur autonomie, dans la douleur certes, mais avec le panache de celui qui sait que demain lui appartient.

Bart De Wever a raison? | RTBF INFO.

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mai 252010

dollarLa crise grecque et, par extension, de la zone euro, replace de grandes questions de politique économique au coeur du débat. Ce faisant, elle a permis la (ré)-apparition de clivages qui ont le mérite de clarifier les positions politiques. Ainsi, dans le cas de la crise qui nous préoccupe, on entend deux types de réponses, très clairement marquées sur l’axe « droite-gauche » de la politique économique.

À droite, on prône l’orthodoxie et la rigueur budgétaire. L’Etat doit maintenir l’équilibre à tout prix, et la solution est à chercher du côté des dépenses publiques, qu’il faut réduire. À gauche, on refuse cette solution. L’austérité budgétaire ne ferait que renforcer la crise et il faut au contraire maintenir, si pas augmenter les dépenses publiques (en investissement) pour relancer l’économie. L’Etat a donc besoin de moyens supplémentaires s’il veut combler ses déficits (dus à la crise économique); il doit les chercher du côté du capital, qui accapare une part trop importante des richesses produites, par rapport au travail.

Car c’est un fait: depuis quelques décennies, une part croissante de la richesse produite totale retourne au capital plutôt qu’au travail. Sur cette base, il peut donc être recevable de vouloir redistribuer autrement les fruits de la croissance et de la productivité.

Mais comment s’y prendre, concrètement? Car « taxer le capital », c’est avant tout une formule qui ne dit rien de la manière dont on entend procéder. Il y a pléthore de possibilités: taxer les revenus de l’épargne, la plus-value d’actifs boursiers, les transactions (spéculatives ou non), les institutions financières, et j’imagine qu’il doit en exister bien bien d’autres encore.

Bref, ces options sont autant de choix politiques, fort différents cela va sans dire1. Alors, taxer le capital, oui, mais lequel?

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  1. À noter qu’il existe sans doute autant, si pas plus, de manières différentes de réduire les dépenses publiques []